Retraités à 38 Ans, et Voyageurs Depuis 20 ans

Billy et Akaisha Kaderli

Sur beaucoup de sites financiers, on peut trouver des formulaires de calcul permettant de déterminer si l’on possède un capital suffisant pour arrêter de travailler, et si l’on économise suffisamment pour prendre sa retraite quand et comment on le désire. (on en trouve surtout sur des sites américains : tapez « retirement calculator » dans un moteur de recherche)

Quand on fait cela, on est souvent découragé par la somme gigantesque que donne le résultat. Il faudrait des millions d’euros ou de dollars pour être capable d’arrêter de travailler. Cela dépend évidemment du style de vie que l’on veut mener, car celui-ci déterminera la somme d’argent mensuelle qu’il faudra pour subvenir à ses besoins. Au moins vous aurez besoin, au plus vite vous pourrez vous retirer.

Et pourtant, l’expérience vécue de certaines personnes prouve que l’on peut arrêter de travailler avec beaucoup moins d’argent, sans pour autant mener une vie médiocre.

Je voudrais vous parler aujourd’hui d’un couple d’Américains qui ont fait le grand saut et qui s’en portent vraiment très bien.

Akaisha and Billy Kaderli, ont pris leur retraite il y a 20 ans lorsqu’ils avaient tous les deux 38 ans. Depuis, ils parcourent le monde en vivant sur un budget de moins de 30.000 $US (22.000 euros) par an.

Leur vie avant de faire le grand saut

Ils n’étaient pas millionnaires et n’avaient pas fait d’héritage. Ils étaient deux personnes normales, travaillant dur, qui ont voulu vivre une vie différente de celle qu’ils connaissaient.

En 1979, ils avaient racheté un restaurant en Californie, en empruntant la totalité de la somme. Pendant 10 ans, ils ont développé celui-ci avec succès. Au début, ils y travaillaient tous les deux, mais ensuite Billy accepta un travail dans une firme de courtage en bourse.

En 1989, après 10 ans de longues journées consacrées au travail, ils firent l’évaluation de leur vie, de leurs rêves et de leur compte en banque. Ils se sentaient tous deux comme des hamsters courants dans une cage, et voulurent arrêter ce genre de vie afin de pouvoir voyager et poursuivre d’autres passions. Comme ils l’écrivent :

« Beaucoup de retraités plus âgés nous disaient « faites-le maintenant, pendant que vous êtes jeunes ». Nous les avons entendu et avons pris leur conseil. La vie n’est pas un jeu où celui qui gagne est celui qui a le plus d’argent et d’objets, la plus grosse maison ou la plus belle voiture. Nous avons fait le point sur notre vie, nous avons créé cette opportunité, et nous avons avancé sur cette voie »

B&A KaderliAu moment d’arrêter, après avoir revendu leur restaurant, ils disposaient d’un capital d’environ 500.000 $ US.

En 1991, à l’âge de 38 ans, ils commencèrent leur vie de jeunes retraités et déménagèrent à Nevis, une petite île des Caraïbes. A partir de ce moment commença pour eux une vie de nomade, voyageant à travers les Caraïbes, le Venezuela, les Etats-Unis, le Canada, le Mexique, et beaucoup de pays asiatiques.

Comment financent-ils leur vie d’aventure ?

Depuis le départ, ils ont placé tout leur capital dans les actions. Billy ayant travaillé dans le courtage connaissait bien ce domaine.

Cela peut paraître surprenant pour de nombreux retraités, mais le portefeuille d’investissement des Kaderli est généralement composé à 100% en actions. L’expérience de Billy en tant que propriétaire d’entreprise et courtier en valeurs mobilières lui a appris qu’il est plus rentable d’être propriétaire que prêteur, de sorte qu’il préfère les actions aux obligations. Ce qu’ils préfèrent, ce sont les fonds communs liés aux indices, surtout le S&P500.

Lors de la crise boursière de 2000, ils ont diminué leur pourcentage d’actions jusqu’à 70%, mais en octobre 2002 leur portefeuille était de nouveau investi à 100% dans les actions. Leur portefeuille est actuellement à 95% investis dans le fond Vanguard et Fidelity qui suit l’indice S&P500.

Mais avec les nombreuses crises économiques et boursières que nous avons connues depuis 1991, n’ont-ils pas vu leur capital fondre comme neige au soleil, ce qui poserait une sérieuse menace sur leur style de vie ?

Et bien non, ils ont su manœuvrer judicieusement dans la tourmente, et leur capital actuel est même plus élevé que le jour de leur départ ! Ils écrivent : « Notre valeur nette est plus élevée aujourd’hui que lorsque nous avons pris notre retraite il y a 20 ans. Et même après 20 ans de dépenses, notre valeur nette a grandi à un taux plus élevé que celui de l’inflation. La croissance de notre capital a été en moyenne de 7,2% par an [non compris les dividendes] depuis notre départ à la retraite tandis que l’inflation a atteint en moyenne 2,6%. Bien sûr, nous avons été blessés lors des crises, mais cela a-t-il modifié notre style de vie ? Pas vraiment. Nous continuons à voyager et à élargir nos vies à travers ce que nous apprenons et partageons. »

Comment font-ils ?

Tout commence par un strict contrôle de leurs dépenses. Comme ils écrivent: «Il est impératif de savoir combien vous dépensez, non seulement par an, mais aussi par jour. » Ils sont également capables de vivre avec beaucoup moins que ce que la plupart des gens considèrent nécessaire. Ils ont pour cela éliminé toutes les dettes, réduit les dépenses qui ne fournissent pas de valeur significative et durable (y compris les nombreuses dépenses liées au travail), et ils vivent dans des régions du monde où le coût de la vie est faible (mais où les degrés d’aventure et de beauté sont élevés).

Tous les jours, Billy ouvre son logiciel de calcul, et y inscrit les dépenses de la veille. C’est la première chose qu’il fait le matin, et cela ne lui prend que deux minutes. Ce n’est pas un fardeau, mais cela lui permet de contrôler totalement ses dépenses et de savoir à tout moment où ils en sont exactement. Comme il l’écrit : « Si vous faites cela pendant 30 jours, cela peut changer votre vie. Aussi, ce sentiment d’être en pleine possession de vos finances est un véritable coup de fouet à votre confiance en soi. Ce seul fait est très motivant. »

Quel capital faut-il ? Quand sait-on que l’on est prêt ?

« Quand nos jours ont été rempli avec plus de « je dois» que de «je veux», nous avons réalisé que nous allions dans la mauvaise direction. Le montant du capital nécessaire est une décision personnelle qui doit être soigneusement pensée. Au mieux vous vous connaissez ainsi que votre mode de vie, au plus il est facile de décider de ce montant. Ne laissez pas la peur prendre cette décision pour vous. Le risque a un prix, et la sécurité aussi. »

Tout le monde peut le faire : il faut oser

B&A KaderliBilly et Akaisha écrivent que l’on peut vivre avec un budget relativement faible (entre 18.000 et 36.000 $US (entre 13.000 et 26.000 euros). Comment sont-ils capable de le faire ?
Ils écrivent : « Nous pensons que ces chiffres sont très réalistes, et d’ailleurs de nombreux retraités actuels vivent sur ces montants. Rappelez-vous, nous faisons référence à des montants en dollars nets, et non pas un salaire brut.
Sans doute l’accent mis aux Etats-Unis sur ​​la nécessité de consommer est une distraction majeure. Tout ce que vous avez à faire est d’aller dans un pays à faible coût – Thaïlande, Vietnam, Mexique, Guatemala, aux Philippines, ou bien d’autres – et de réaliser à quel point vous êtes riche comparé à la population locale. Et ces gens sont heureux, sains, sociaux et dynamiques.

Les dépenses financières les plus élevées dans tous les ménages sont ce que vous payez pour le logement, le transport, les taxes et la nourriture. Procédez à des ajustements dans ces domaines et la somme de vos dépenses sera influencée de façon mesurable.
Nous avons récemment passé trois mois au Guatemala nichée entre trois volcans, sur les rives du magnifique lac Atitlan, et notre dépense moyenne était de 40 $ par jour pour nous deux, ce qui équivaut à 14.600 $ par année. Dans ce prix, il y a l’hôtel avec nettoyage quotidien, wi-fi, room service, TV par câble, et une vue superbe. Cette moyenne de 40 $ par jour couvre également nos adhésions à la station thermale locale haut de gamme, les repas au restaurant, ainsi que des excursions vers d’autres villages autour du lac. »

Eliminer les dettes

« Nous n’avons pas d’hypothèque, et nous avons éliminé toutes nos dettes avant de nous retirer en 1991. Nous recommandons en permanence de prendre sa retraite avec une dette égale à zéro : aucune hypothèque, aucun emprunt pour une voiture, et aucune dette de carte de crédit. De cette manière, votre chèque de pension mensuelle, ou quelle que soit votre source de revenu, est entièrement vôtre. Vous pouvez la dépenser pour vous-même et elle n’est pas déjà promise pour payer des achats passés. Pourquoi prendre sur vos épaules la charge de paiements mensuels qui vous gardent prisonnier? Débarrassez-vous des dettes et libérez-vous avant la retraite »

Ont-ils gardé une maison ?

Comme ils retournent régulièrement aux USA, ils ont quand même gardé un pied-à-terre dans leur pays. Mais, fidèles à leur logique de minimiser les dépenses inutiles, ils ont acheté une petite maison, humble mais bien équipée, dans une active adult resort community (quelque chose d’assez fréquent aux USA, c’est un groupement de maisons (une community) qui partagent des ressources (gardien, piscine, tennis, etc …). Très appréciées des retraités-propriétaires qui payent un forfait « tout compris » et sont tranquilles).

Cette formule satisfait entièrement les besoins de Akaisha et Billy lorsqu’ils sont aux States, et le reste du temps, ils voyagent et n’ont pas à se soucier de cette maison.

Comment gèrent-ils les dépenses de santé ?

Ils ont une assurance santé aux Etats-Unis qui les couvre contre les gros risques. Pour les traitements moins importants, ils se font soigner là où ils se trouvent. « Nous avons eu d’excellents soins médicaux en dehors des États-Unis, principalement au Mexique et en Thaïlande. Il n’y a pas de longues attentes, ni de références requises de la part d’autres médecins. On ne refuse jamais de vous soigner, et on ne vous fait pas payer plus cher si vous avez un lourd passé médical, et vous pouvez recevoir un devis pour les procédures avant de les obtenir. »

Possèdent-ils une voiture ?

Ils en avaient une, mais ont décidé il y a quelques années de vivre sans voiture. L’ajustement à ce mode de vie fut plus facile qu’ils ne s’y attendaient. Quand ils ne peuvent pas se rendre à pied quelque part, ils engagent un chauffeur. De toutes manières, le transport est facile dans beaucoup de pays étrangers. Les transports en commun, les tuk tuk, et les taxis sont nombreux et ne coûtent pas cher.

Quels conseils donneraient-ils à ceux qui veulent vivre la même vie qu’eux ?

« Nous recommanderions d’abord de bien contrôler vos dépenses, et ensuite de vivre pendant deux ans avec le montant annuel avec lequel vous pensez financer votre retraite. Entraînez-vous avant de sauter le pas. Ensuite, essayez un échange de maison ou mettez en location votre maison pour une période prolongée, ce qui couvrira vos frais. Ensuite partez visiter des endroits uniques et inhabituels. Vous ne pourriez ne pas revenir ! »

La vie normale leur manque-t-elle ?

B&A KaderliIls écrivent : “ Pour nous, le mouvement et le changement sont normaux, et aimons être libre. Avoir une vie réglée où tout est prévu pour des semaines ou des mois à l’avance, et avec des paiements mensuels obligatoires gèle notre créativité, et tire notre mental vers le bas. ».

Quand on demande à Billy si le monde du business et le fait d’« être quelqu’un » ne lui manquent pas, il répond : « Je suis heureux de qui je suis aujourd’hui, et non, ça ne me manque pas d’être assis dans d’interminables réunions où l’on parle de stratégie d’entreprise. Je contrôle mon destin et c’est de cette façon que je préfère vivre. »

Le site internet de Billy et Akaisha Kaderli : Retire Early Lifestyle (en anglais, bien sûr).

Si cet exemple de vie vous a intéressé, secoué, dynamisé … ou suscité toutes autres réactions, dites-le moi svp dans un commentaire ci-dessous.

J’aimerais en effet continuer à l’avenir à publier de semblables expériences de vie de gens qui ont pris leur retraite très tôt avec succès.


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12 Commentaires le Retraités à 38 Ans, et Voyageurs Depuis 20 ans

  1. J’ai adoré cet article. Extraordinaire réussite je trouve.
    Ce lifestyle est pour moi un rêve secret. Quand je lis des témoignages comme celui-ci, ça me conforte dans mon choix d’atteindre la « liberté » financière, de vivre la vie dont j’ai envie et non celle que les autres veulent vous faire croire qui est bon pour vous.
    Bonne continuation

  2. Yeah!!!! Superbe histoire!! Ce à quoi j’aspire, je vise cela pour mes 40 ans :)
    Encore 9 ans :)

  3. L’histoire ne stipule pas s’ils ont des enfants. Qu’en est-il si c’est le cas? Comment ont-ils payé de hautes études à leurs enfants? Cette histoire paraît probable mais fictive.

    • Non, je sais qu’ils n’ont pas d’enfants. C’est évidemment plus facile de mener une vie de nomade si on n’a pas d’enfants.
      L’histoire n’est pas du tout fictive. Il y a plein de gens qui ont arrêté de travailler et vivent de leurs investissements.

    • Good to find an epxert who knows what he’s talking about!

  4. Bonjour Morgan,
    Avant tout je voulais vous dire que je suis très content de avoir lire votre livre, je adore l’immobilier et investir dans l’immobilier, et je partage tous vôtres idées.

    Mon question est:

    A votre avis, quand un immeuble o apart. etc, est une bon affaire? combien il faut que soi le rapport minimum net annuel? 5, 6 ,7 %?

    Saluti.

    • Bonjour Lucio,
      Le rendement minimal que l’on cherche à avoir quand on achète un immeuble de rapport est un choix personnel, l’un des critères que l’on doit décider pour mener sa recherche. Bien sûr, il faut qu’il soit réaliste. Je veux dire par là que, si les immeubles de cette zone ont un rendement moyen de 5 %, et que vous décidez de ne faire un investissement que si l’immeuble rapporte 10%, vous devez avoir un plan pour atteindre ces 10% (par exemple à travers des travaux de rénovation).
      Personnellement, 5% me semble nettement insuffisant. Pour le risque et la peine que représente un projet immobilier, je pencherais plus pour 9 ou 10% net (après paiement de tous les frais), même si ce résultat n’est pas atteint dès le début.

  5. Bonjour Charles,

    Tout a fait d accord avec toi Charles. Je ne comprends pas que l on puisse acheter encore en France ou les rendements locatifs ne depassent pas les 5%.
    A paris c est meme 3%.
    Un projet immobilier doit rapporter beacoup plus que les Obligations d états.
    Les annonces que l on voit proposent parfois du 5% en gros titre, comme si c etait imbatable. Dans ce cas l immeuble est surévaluer, ou bien il y a possibilité d augmenter les loyers en créant de la valeur dans l immeuble et donc pas de quoi se venter du rendement actuel.
    Pour moi 7% est le rendement minimum, sauf si je sais que je peut acheter a 20% en dessous des prix du marché.
    10% a moyen terme doit etre l objectif à viser pour un investissement locatif.
    En conclusion n achetez pas en France. Attendez l eclatement de la bulle.

    Mais comme dit Charles il y a dans tous marchés possibilité de faire des gains. En France il y en a un : Acheter des terrains, construire du neuf et vendre aux prix du marché, qui sont disproportionnés.

  6. Continue à publier des expériences de vie comme celles ci. Ça donne des idées et ça motive.
    En passant, j’adore ton site ! Continue :)

  7. Bonjour à tous,

    Cela fait du bien de voir l’exemple concret de personnes qui ont réalisé leur rêve d’indépendance.
    Cela nourrit notre motivation pour atteindre nos objectifs personnels, quels qu’ils soient !

    Sportivement,
    Etienne

    • Bonjour Etienne,
      Oui, je trouve aussi que les expériences personnelles vécues sont ce qui nous encourage le plus.
      Cela montre que c’est possible, et cela nous encourage à renouveler notre détermination d’y arriver.
      A bientôt.

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